2013-01-01

L'expérience qu'offre To the Moon

Laissez moi vous dire, j’ai eu un bon temps en jouant To the Moon hier.

Sortit il y a presque exactement un an, To the Moon est le dernier jeu par Freebird Games, équipe de développement de jeu canadien. Le jeu explore des thèmes qui ne sont pas souvent traités dans des jeux vidéo. Ces thèmes sont personnels et humains, comme la mémoire, les relations interpersonnelles et les troubles mentaux, entre autres. Pour ceux qui pensent qu’un jeu vidéo ne peut pas véhiculer du contenu qui parle à l’esprit comme le peuvent des formes d’art traditionnelles, comme la littérature ou le cinéma, jouez à To the Moon. Ça pourrait changer votre perception de ce que peut faire un jeu vidéo.


Comme indiqué sur son site web officiel, le jeu est [TRADUCTION] « un jeu de rôle d’aventure indépendant à propos de deux docteurs qui voyagent dans les mémoires d’un homme mourant afin de réaliser son dernier vœu. » Les personnages jouables sont des employés d’une entreprise fictive qui spécialise en la modification des mémoires de patients d’une manière que les patients croient que ces mémoires modifiées sont vraies.

Le jeu se trouve ici : http://freebirdgames.com/to_the_moon/

Le joueur plonge de plus en plus loin dans la vie du patient à l’aide d’une machine spécialisée. Explorer des mémoires de cette manière fonctionne bien dans un jeu vidéo. C’est un peu comme dans les jeux Assassin's Creed, mais la différence majeure entre ces deux jeux est que l’histoire de To the Moon est incroyable, et non juste « pour un jeu vidéo », et ça a juste pris trois heures et demie à jouer, et non pas trente.


En jouant à To the Moon, j’ai remarqué qu’il y a vraiment une différence entre le jeu et l’expérience qu’il transmet. To the Moon ne pose pas de défis majeurs et n’est pas impressionnant sur le plan technologique; cela dit, ce jeu maintenant un de mes favoris. La jouabilité consiste en grande partie à se déplacer à l’aide des touches flèche ou de la souris, interagir avec les autres personnages ou compléter un des casse-têtes pour faire avancer l’histoire.

Le jeu n’est certainement pas laid ou injouable, mais la jouabilité et la technologie ne sont pas remarquables. Mais l’expérience? Une histoire très personnelle et étonnamment bien conçue fondée sur la réalisation du dernier vœu d’un homme mourant. C’est sans doute une des meilleures histoires de ce genre que j’ai jamais connues, peu importe la forme d’art. De plus, c’est aussi sans doute un jeu et non pas une histoire interactive. Je n’ai jamais vécu une histoire comme To the Moon. Ainsi, il est difficile de décrire la manière que je me sens à propos de ce jeu.

C’est un peu comme être émerveillé par un film, mais non pas en raison de la cinématographie même, ou être profondément ému par un roman, mais non pas en raison du style d’écriture même. Dans ces cas, le moyen d’expression est justement un moyen par lequel une expérience est véhiculée.


To the Moon se joue dans le moteur RPG Maker. Même si To the Moon est plutôt une aventure axée sur le récit qu’un jeu de rôle traditionnel, l’engin est bien employé. Étant donné que j’ai passé amplement de temps avec l’engin, j’ai bien aimé jouer un jeu fait avec RPG Maker puisque j’ai pu voir de quoi l’engin est capable lorsqu’il est bien employé.

Le fait qu’une si puissante expérience m’a été véhiculé par l’engin RPG Maker m’a montré qu’il est possible de produire une expérience de jeu importante à l’aide d’un engin convivial. On n’a pas besoin d’être un programmeur professionnel pour concevoir un jeu avec l’engin RPG Maker, convivial mais très adaptable. Ce jeu est un bon exemple de comment du contenu exceptionnel peut être présenté dans une forme simple et âgée.

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J’aimerais revenir à la comparaison avec Assassin's Creed. J’ai récemment acheté, complété et bien aimé Assassin's Creed III. Le jeu est impressionnant sur le plan technologique et possède son propre engin de pointe. L’histoire, qui n’est quand même pas terrible « pour un jeu vidéo », est loin d’être excellent. To the Moon est le contraire : même si le jeu n’a pas de la technologie de pointe ou de jouabilité impressionnante, le jeu offre une expérience unique qui est exceptionnelle, profonde, universelle, comique et qui pousse à la réflexion.

Selon moi, il y a deux façons d’évaluer ces jeux. La première échelle est fondée sur les éléments du jeu. Selon cette échelle de valeurs, les jeux comme Assassin's Creed III gagneraient sans doute. ACIII était une aventure épique hollywoodienne de jouabilité de pointe, rempli de quêtes annexes, d’une durée de 30 heures. Selon les normes de jeux vidéo traditionnelles, ce jeu vaut bien le prix de 70 $. Ce l’était pour moi, en tout cas, et en regardant ses ventes, le prix est justifiable pour beaucoup de personnes. J’étais satisfait avec le jeu, mais est-ce que je vais me souvenir cette expérience de jeu dans dix ans? J’imagine que non, puisque ces qualités sont en grande partie la technologie et la jouabilité, choses qui évoluent rapidement assez pour s’améliorer visiblement chaque année.

La deuxième échelle de valeurs est fondée sur la qualité de l’expérience. C’est selon cette échelle que les jeux comme To the Moon se démarquent. J’étais surpris que l’histoire de To the Moon était si bien racontée en seulement trois heures et demie. Assassin's Creed III, technologiquement supérieur à To the Moon, s’est efforcé pour faire en sorte que je m’attache aux personnages, mais même après 30 heures, le jeu n’avait pas vraiment réussi. J’imagine que ce n’est pas le point du jeu de toute façon. J’ai vécu une expérience bien plus épanouissante en jouant à To the Moon et tout que ça a pris était environ quatre heures et dix dollars. Selon cette échelle, To the Moon a de loin plus de valeur qu’Assassin's Creed III; toutefois, ça dépend de ce que chacun recherche d’un jeu.

La technologie vieillie, mais non pas une expérience.

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